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Le handicap en région Bretagne

Procès Distilbène: le combat d'une famille bretonne

1 Juillet 2016, 04:37am

Publié par Association Barrez la Différence

Le polyhandicap moteur et cérébral de Julien Le Cossec est-il la conséquence de l'absorption de Distilbène par sa grand-mère ? C'est à cette question que la famille Le Cossec attendait d'obtenir des réponses, hier, à Nanterre, devant les juges du tribunal de grande instance. Sauf que les débats se sont concentrés sur une requête déposée par l'avocat du laboratoire UCB Pharma, François De Cambiaire, lequel a demandé la nullité de la contre-expertise ayant établi un lien direct entre le médicament et l'état de santé du jeune Julien.

« Stratégie classique »

Avec l'annulation de cette expertise, c'est évidemment tout le dossier que le laboratoire remettrait en question. La démarche ne surprend pas outre mesure Me Martine Verdier, conseil de la famille Le Cossec : « C'est une stratégie classique du côté d'UCB Pharma, qui tente de façon systématique, dès qu'un expert est nommé, de jeter la suspicion sur son travail, sur son impartialité, sur sa compétence ».

Pour le laboratoire, le rapport de l'expert, nommé par la cour d'appel de Versailles dans une précédente procédure pour analyser le cas de Julien, « ne permet pas de caractériser un lien de causalité » entre le Distilbène et sa naissance prématurée.

Pour Me Verdier, au contraire, « on est sur une chaîne causale » : la mère de Sylvie Le Cossec est exposée au Distilbène, sa fille en subit les conséquences matérialisées par un micro utérus, dont la faible résistance aboutira à une rupture prématurée de la poche des eaux entraînant une naissance avant terme et un syndrome inflammatoire chez l'infortuné Julien. CQFD. En face, on insiste. « Ce n'est pas parce que la DES (hormone contenue dans le Distilbène, NDLR) est responsable à 100 % du problème de santé de Mme Le Cossec qu'elle est aussi responsable de l'état de santé de son fils », assène le défenseur de la compagnie d'assurance du laboratoire. Car si la justice a récemment reconnu la responsabilité d'UCB Pharma dans l'état de santé de Sylvie Le Cossec, la famille voudrait qu'il en soit de même pour Julien.

Julien vit en dépendance totale

Un jeune homme de bientôt 18 ans qui ne pourra jamais avoir une activité professionnelle, n'a jamais pu être scolarisé, vit dans une dépendance totale et dont les parents « sont à bout », prévient Me Verdier. À l'issue de l'audience, Sylvie Le Cossec faisait part de son indignation : « J'attendais une reconnaissance. Qu'on puisse bénéficier d'auxiliaires de vie 24 h sur 24, d'aménagements pour notre maison et que notre préjudice économique soit reconnu. Au lieu de cela, on a voulu abattre un homme, le docteur Bataille, qui a réalisé la contre-expertise de Julien. UCB Pharma est passée de la stratégie de la montre à la stratégie du mensonge, ce qui est déplorable pour les familles ».

Le tribunal rendra sa décision le 29 septembre prochain.

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