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Le handicap en région Bretagne

Portraits photos et handicap en Finistère

3 Décembre 2015, 18:20pm

Publié par Association Barrez la Différence

Portraits photos et handicap en Finistère

Handicap: Une vingtaine de portraits.

L'Esat de l'Odet a proposé à ses usagers de poser devant l'objectif de François Lehmann, en écho à la Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées. Quatre d'entre eux en expliquent le sens, disent leur plaisir.

« Ça apporte de la fierté ! »

« J'avais un peu le trac car le photographe me disait : il faut faire comme ci, se mettre comme ça, ce n'est pas évident ! C'est plus difficile que de se faire prendre en photo au pif. Je ne me trouve pas trop moche, je pense qu'elle me ressemble. Je la trouve très bien », commente Chrystèle. Cette employée de l'Esat de l'Odet (APF) depuis treize ans affiche un large sourire, comme sur la photo de François Lehmann. Ce photographe brestois est venu, début novembre, tirer le portrait d'une vingtaine de collègues de Chrystèle. « On s'est posé la question de ce qu'on pouvait faire dans le cadre de la Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées. On est parti sur quelque chose d'artistique », relate Christophe Renier, chef de service dans l'établissement, qui fait travailler une soixantaine de personnes handicapées dans la zone de l'Hippodrome. « Nous voulions témoigner de leur travail dans un contexte difficile : en France, près de 500.000 chômeurs sont des personnes en situation de handicap », rappelle Christophe Renier. Leur nombre a même augmenté de 130 % en sept ans, selon Pôle Emploi. Une monitrice de l'Esat, Gaëlle Berlivet, s'est chargée de scénographier la galerie de portraits, en noir et blanc, parfois relevés de pointes de couleur, exposés dans le couloir qui dessert les ateliers. « Là, je suis dans mon atelier. J'assemble des anguilles de sable, des leurres pour la pêche au bar et d'autres poissons, si j'ai bonne mémoire. Il y en a quatre tailles, avec brill (petit filament) et hameçon, des couleurs différentes, que je mets par trois en sachet », décrit Chrystèle, enthousiaste.

« Je la trouve bien »

Sur la photo, Tony apparaît serein. Lui aussi conditionne des hameçons, « par sachet de quatre, pour une entreprise brestoise ». « Je la trouve bien, cette exposition. Ça valorise les personnes.

Même si on est en situation de handicap, on prouve que l'on peut travailler et avoir sa place dans la société », signifie cet homme de 20 ans, employé à l'Esat depuis juin. « Ça apporte quand même de la fierté de soi, c'est agréable de se voir en photo au travail. Ça montre que l'on est capable de faire des choses », assure Lionel. Le quadragénaire apparaît sur le cliché en train de manipuler un brass-compost. « J'ai été l'un des premiers à monter le manche quand ils sont arrivés. L'activité a pris de l'ampleur, trois personnes s'en occupent alors que j'étais tout seul au début. Et puis on a des composteurs, des bio seaux, des arrosoirs, etc. », rappelle l'usager, depuis sept ans à l'Esat.

« Très content d'être ici »

Quant à Laurent (27 ans), il vit une période d'essai, depuis octobre, dans l'établissement. Sur l'image, il fixe le photographe, le regard pétillant, avec, en main, des brossettes pour les dents à conditionner par paquet de dix. « Je suis très content d'être ici. Je voulais montrer que l'on est capable de faire du boulot comme une personne valide même si on est en milieu protégé. On a cette chance de pouvoir travailler, sourit-il. Même si le photographe m'a dit de prendre la pose, je trouve sa photo excellente », ajoute-t-il. En atelier, au standard, en zone de stockage, à l'extérieur, en activité de soutien... La vingtaine d'usagers de l'Esat a été saisie dans des espaces de travail variés. « L'exposition va vivre chez ceux de nos clients (une trentaine) qui le souhaiteront. Nous avons aussi sorti des tirages complémentaires pour les exposer dans les ateliers, pour illustrer nos cartes de voeux ou des calendriers », indique Christophe Renier. « La photo ressemble à ce que je suis actuellement : plus souriant qu'avant, je me sens bien, ça me plaît de travailler ici, je fais un peu de tout », conclut Lionel.

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